Le chien de Goyet préhistorique le plus vieux du monde

Le chien de Goyet

Découvert dans la province de Namur en Belgique au cours de l'année 1860 par Édouard Dupont, l’un des crânes de Goyet est bien celui d’un chien préhistorique et non d’un loup. Ce crâne a été dater de 31 700 ans en 2009 par le paléontologue Mietje Germonpré de l'Institut royal belge des sciences naturelles, Département de paléontologie. La première domestication aurait donc eut lieu au moins 15 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait.

Le débat se poursuit dans la littérature scientifique si ces crânes représentent des chiens domestiqués, ou plutôt des loups en transition vers ce qui allait devenir un chien. Et que les changements physiques observés dans les crânes comprenant principalement le raccourcissement du museau on peut avoir été entraînée par des changements dans le régime alimentaire, plutôt que de la sélection spécifique de traits par les humains.

Le biologiste Raymond Coppinger estime qu'une caractéristique comportementale appelée la distance de vol, a été cruciale pour la transformation du loup sauvage aux ancêtres du chien moderne. Elle représente la proximité qui permettra à un animal de s'approcher de l'homme où tout ce qu'il perçoit comme dangereux afin d'obtenir ce qu'il souhaite, avant qu'il ne s'enfuit.

À proximité des lieux de vie des humains ils devaient se générer des déchets que les hominidés ne consommaient pas forcément et que ces canidés toujours avares d'une pitance facile ont adopté comme moyen de subsistance. Les petits loups étaient probablement plus intrépides et curieux que les plus grands, moins agressifs et donc moins éloigner car ne représentant pas un danger immédiat. Les loups devenus plus petits ont réussi à vivre à proximité des humains. Les sépultures de chien sont des preuves concrètes qu'ils ont pu avoir également un rôle spirituel. Plus tard, peut-être ils sont devenus également des sentinelles.

De là à franchir le pas et d'affirmer que ce n'est pas l'homme qui à domestiquer le chien mais l'inverse (ou qu'ils se sont domestiqué eux-mêmes), cela est fort probable. Cohabitation, adaptation physiologique et domestication mutuelle qui ont servi et desservi nos deux espèces. Être capable de s'alimenter quand les humains sont à proximité, est un trait de comportement qui aurait été transmis aux générations successives, et amplifié, afin de créer des animaux qui sont de plus en plus à l'aise avec les humains. C'est la seule chose que les loups sauvages ne peuvent pas faire. Ces premiers chiens ont tous fait pour essayer de s'adapter et on peut s’apercevoir que l'homme pouvait également se sentir très proche d'un animal, quand ses comportements s'en rapprochaient, alors que morphologiquement il n'y avait aucune ressemblance.     

Ont-ils été d'abord élevés pour la nourriture, la compagnie, ou ses capacités de chasseur ? Les réponses sont importantes, puisque les chiens sont les premiers animaux à être domestiqués (bien avant le cheval) et ont probablement joué un rôle crucial dans la révolution néolithique. Il peut être très difficile de faire la distinction entre le squelette d'un chien et d'un loup, surtout au début de l'histoire des chiens.

Ce chien-loup, pourrait représenter la première étape vers la domestication et rendrait les hommes du paléolithique que nous appelons les Aurignaciens, mieux connu comme les premiers hommes modernes qui ont occupé l'Europe. Hommes qui seraient donc les premiers amateurs connus au monde de chiens. Peut-être que le chien-loup de Goyet représente un cas isolé de domestication et n'a laissé aucun descendant.

Peter Savolainen de l'Institut royal de technologie de Stockholm a publié en 2009 une analyse de l'ADN mitochondrial de quelque 1.500 chiens à travers le monde, qui réduit le temps et le lieu de la domestication du chien à quelques centaines d'années et situer en Chine. «Nous avons constaté que les chiens ont été domestiquées lors d'un événement unique, parfois il y a moins de 16.300 années, au sud de la rivière Yangtze," (P.Savolainen).

Il base sa théorie le principe que le printemps du chien moderne à commencer à partir d'une population d'au moins 51 louves, qui ont été d'abord élevés au cours de plusieurs centaines d'années. «C'est durant la même base de temps et le lieu que l'origine de l'agriculture du riz," (P.Savolainen). «Il est spéculatif, mais il semble que les chiens peuvent avoir une origine première auprès des premiers agriculteurs, ou peut-être des chasseurs-cueilleurs qui ont été sédentaires."

Une équipe dirigée par le biologiste Robert Wayne de l'Université de Californie, Los Angeles, a montré plus récemment que les chevauchements d'ADN de chiens domestiques sont liés plus étroitement avec celui des loups du Proche-Orient. Wayne et ses collègues suggèrent que les chiens ont été domestiquées quelque part dans le Moyen-Orient, puis croisées avec d'autres loups gris qui se sont propagés à travers le monde, jetant le doute sur l'idée que les chiens ont été domestiqués au cours d'un événement unique dans un endroit précis.

De nombreux scientifiques, qui n'ont pas pris part à aucune des études, supposent plutôt que la recherche d'un moment unique où les chiens ont été domestiqués néglige le fait que le processus est probablement arrivé plus d'une fois. La preuve scientifique qu'il y avait une origine distincte de chiens en Amérique du Nord, distincte d'une origine du Moyen-Orient, corrobore l'idée d'au moins deux berceaux sans datation précise.

Mais sur la base des découvertes de squelettes de chiens tout au long des différentes périodes de l'évolution humaine, de la Chine à l'Afrique. Il est certain qu'il y a au moins 10.000 ans, le chien jouait déjà un rôle essentiel dans la vie des êtres humains partout dans le monde, que ce soit à titre de sentinelles, des sacrifices rituels, de sources de protéines et nous aurait tous simplement permis d'arriver là où nous en sommes au niveau de notre évolution.


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