Conseils pratiques pour vous méfier des contrefaçons pour votre toutou

Toutou sur le chien : Méfiez-vous des contrefaçons

Tout, tout sur le chien n'est plus qu'une industrie. Tout sur le chien, sur l’internet commercial ne représente plus que tout ou rien de l'appât du gain du marché du chien. Des sites internet tout propre, optimisés au référencement et sans aucune expérience particulière dans le milieu canin. Ce n'est pas grave, on vous délivrera des conseils pour bien brosser vos chiens, leur nettoyer les oreilles et vous vendre quelques accessoires inutiles à posséder pour son bien-être. Sans aucune formation, aucun diplôme légal, ni aucune connaissance en nutrition canine, on vous conseillera de l’alimentation à donner à vos chiens...etc. Ne vous inquiétez surtout pas, ils ont toujours quelque chose à vous vendre pour votre chien.

 

En 2017 avec 3,77 milliards d'internautes (3), le web du chien est entré dans l'aire de l’économie. Les manières de penser et les comportements de consommation sont analysés par des algorithmes mathématiques toujours plus performants, (robots, e-réputation, communauté, nouvelles tendances et pratiques de consommation). En 2016 la population de chiens en France s'élevait à 7,4 millions (4). La vente des produits pour les animaux de compagnie atteint cette même année un montant titanesque de 4,9 milliards d'euros (5). En à peine dix ans ce milieu qui ne comportait alors que des gens de métier a vu débarquer des personnes au raisonnement très simple : pourquoi ne pas croquer une part du gâteau ?

 

Comment faire face et pouvoir lutter contre des personnes qui suivent une formation d'éducateur canin comportementaliste en à peine 5 semaines : théorie + pratique dans un centre de formation d'une durée de 150h ? Quand ils sont sur des réseaux sociaux inscrit comme co-fondateur de "jeconnaistousurlechien.com", pour lequel ils y travaillent depuis la création de leur site, sans y connaître quoique se soit si ce n'est les croyances populaires qu'ils ont eu la possibilité d'accumuler après des heures passé devant un écran : Rien.
Leurs missions:

  • création de contenus pour le site et les réseaux sociaux : articles sur les thématiques santés/ alimentation/actualités canines, sondages en ligne, infographies...
  • mise en forme de contenu sur CMS Wordpress ;
  • ajout de nouvelles fonctionnalités ;
  • gestion des relations presse et partenaires.

Des missions qui semblent totalement en rapport avec l'éthologie et l'étude des comportements canins.

De toute façon :

  • la législation sur la dispense de comportement canin ne s'applique pas sur le web ;
  •  le marché du chien sur le web étant quasi inexploité ;
  • avec peu de moyens, aucune compétence particulière dans le chien et du temps, il est possible de tirer des revenus publicitaires facilement ;
  • etc...

Tout sur le chien et le putaclic

Les pièges à clics (appât à clic), appelé plus vulgairement dans la communauté le putaclic, est un terme péjoratif désignant un titre racoleur qui vise à attirer le maximum de passages d'internautes afin de générer le maximum de revenus publicitaires en ligne. L'unique et principal objectif n'est donc que de générer du trafic. Peu importe la qualité.

  • les 8 règles de promenade avec son chien
  • comment s'habiller pour sortir son chien
  • 9 ordres de base que votre chien doit connaître
  • 5 principes de base pour bien dresser son chien
  • etc...

Pour les utilisateurs de ces pratiques, le putaclic permet d’augmenter le nombre de visites et la monétisation sur les contenus à promouvoir et d’accroître l’engagement sur les réseaux sociaux, qui favorisent leur visibilité.

 

Un annonceur est grossièrement une personne morale ou physique qui investit afin de faire connaitre ces produits ou ses services. Absolument tout ce qu'il faut savoir sur les chiens n'est qu'une accroche commerciale comme les autres. Voilà en une ligne le résumé de bon nombre de sites internet qui vous promettent tout ce qu'il faut réellement savoir sur les chiens. En attendant, quoi qu'il arrive, et cela devrait être comme cela qu'on les reconnaît, ils ont absolument toujours quelque chose à vous vendre. Pour la simple et bonne raison qu'il s'agit de société ou de personnes qui n'ont que pour unique objectif : faire du profit sous le prétexte fallacieux de la passion des chiens. Le plus accablant dans tous ça n'est même pas de déterminer si c'est louable ou pas. Tel n'est même pas la question.


Car tous les grands sujets qui intéressent le grand public sont traités dans les plus grandes largeurs, sans absolument aucune connaissance éthologique ni compétence particulières. Il suffit de traîner sur internet, de regrouper les conseils les plus récurrents, un bel emballage et hop, c'est partie ! Méthodes éducatives, éduquer son chien sans nourriture, les différentes techniques d’apprentissage chez le chien, apprendre à son chien à marcher au pied, interdire le canapé à mon chien, commencer la socialisation de votre chien... Une illusion d'optique qui n'aura pour conséquences que des vies de chiens brisées. "Pourquoi ? Je ne comprend pas, je l'ai lu sur internet."

Conseils en comportements canins ?

Pourrait-on estimer qu'il s'agit de conseil en comportement canin déguisé, dispensé sans diplôme et sans compétence ? Pratiques commerciales illégales ou exercice illégale d'une profession ? C'est possible, car il est toujours très souvent difficile de retrouver la trace et l'existence même de qui donne ces conseils et sont-ils habiliter à le faire. Le grand public en est-il informé ? Surtout pas. Tout en sachant (cela n’est bien sur pas le cas de tout le monde) que certaines sociétés peuvent réalisés des chiffres d’affaires allant jusqu’à 590 000 € par an ! Au-delà de l’aspect éthique les principaux problèmes ne sont à la rigueur toujours pas là.

Les principaux problèmes sont :

  • l’uniformisation et la standardisation de l’information ;
  • l’immensité de pseudos conseils contradictoires et involontairement fallacieux qui circulent concernant le chien ;
  • des conseils totalement subjectifs et recueillit chez des sources d'information dites reconnues, mais qui s'avère en fait totalement subjectives, soumises à interprétation et généralistes.

La communication interspécifique n’est pas qu’un principe de savoir. En éducation canine le savoir est indispensable, mais sans savoir faire il est totalement inutile. Et c’est justement là que le bât blesse, car ce qui est proposé n’est que du contenu et même pas l'ombre d'un savoir. Si le chien fonctionnait comme une machine, les éducateurs canins ne seraient que des mécaniciens chez qui l’on viendrait changer des pièces. Comment utiliser du contenu pour que deux êtres vivants totalement différents dans la perception du monde extérieur, puissent communiquer correctement ensemble ?

Les sources des conseils en éducation canine

Comment se fait-il que les sources d’approvisionnement de conseils en comportements canins ou en éducation canine ne comportent jamais de grands noms en éthologie ou en éducation canine ? Pour la simple et bonne raison que ces grands noms ne veulent surtout pas avoir leur nom ou leur image accolé à ces vendeurs d’accessoires ou de mutuels pour chien. Il est très facile de décrocher un article d'un jeune éducateur/trice ou "pseudo" comportementaliste qui souhaite se faire connaître, pour valider un conseil de pacotille qui va satisfaire l’internaute.

Recherche d'informations sur internet (2)

La recherche d'informations sur internet est une démarche qui déjà au départ met l'internaute dans une situation de difficulté face à une quantité industrielle de données. Ces données dans le milieu canin sont très souvent :

  • contradictoires ;
  • non validées ;
  • sans source.

Les moteurs de recherche ont tenté ces dernières années de se substituer au processus de recherche personnelle des internautes, en essayant d’organiser l'immense masse d'informations et en essayant de faciliter d’une certaine manière son exploration. Le problème est que cette organisation est basée sur la crédibilité que l'internaute accorde aux sources et pas à la qualité des sources en elle-même. C'est-à-dire que par accumulation, c’est celui qui cherche l’information (l’apprenant), qui va valider lui-même la réponse et la qualité de la réponse pour les autres !? N'y aurait il pas déjà un problème dans l'énoncé ?

Il en découle un biais cognitif nommé le biais de confirmation d’hypothèse. Il s’agit de la tendance naturelle qu’ont les êtres humains à privilégier les informations qui confortent :

  • leurs préjugés ;
  • leurs idées reçues ;
  • leurs convictions ;
  • leurs hypothèses.

Ce biais cognitif consiste à accorder plus d’intérêts aux sources qui confirment les croyances de départ. Cela contribue donc à un excès de confiance dans celles-ci et à les renforcer, même devant d’autres éléments de preuves qui les infirment. Ce mode de raisonnement peut conduire à des comportements désastreux lorsqu’il sont mis en œuvre dans le domaine du chien. Il se manifeste par :

  • la non-vérification de la véracité des informations reçues ;
  • une interprétation du contenu qui s’avèrent équivoques ou ambiguës pour ses propres hypothèses. Et encore plus dans le cadre de l’interprétation de comportements canins ;
  • la mémorisation de manière sélective des informations qui confirment ses propres convictions ;
  • leur interprétation de manière erronée, notamment par des illusions de corrélation entre plusieurs comportements perçus à tort comme étant liés ou associés ;
  • le fait d’accorder moins de poids aux autres hypothèses pouvant être à l’origine de ces informations erronées ou ambiguës ;
  • l’attitude consistant à ne lire ou n’écouter que des sources d’information qui confirment leurs convictions ;
  • la persévérance de conviction dans ses croyances même si les arguments qui les sous-tendent ont été démontrés comme étant faux ;
  • la plus terrible étant le fait d’accorder une plus grande importance à la première information rencontrée. C'est-à-dire les deux ou trois premiers résultats lors d’une recherche. Le fait qu’un site internet apparaisse dans ces deux ou trois premiers résultats cautionne déjà en partie le contenu de la source, même si ceux-ci s’avèrent totalement inexacts.

Différentes hypothèses ont été avancées pour expliquer cette tendance à évaluer les informations d’une manière unilatérale et mettent l'accent sur une unique possibilité : les croyances actuelles des individus qui ignorent les alternatives.

Conclusion

De nos jours "grâce" à internet chaque con est devenu un média. "La connaissance est collégiale. La vérité est un miroir brisé. Chacun en possède un petit morceau. Mais comme nous avons un ego, nous avons tendance à croire que notre petit morceau représente le tout, et qu'il n'existe rien en dehors de ce petit morceau. Mais une fois que l'on a compris qu'il y a d'autres morceaux, on ne veut surtout pas les mettre en commun." Le rôle du désir dans la pensée et les limitations de la capacité humaine à traiter la masse d’informations perçues, font que des milliers de chiens vont être impactés pour le reste de leur vie par ce flux incessant de contenu de mauvaise qualité. Sauf si son propriétaire est formé à adopter une démarche neutre et scientifique. Éducateur canin est une profession d'artisanat avec pour précepte, le temps. Le fondement n'est surtout pas d'avoir le droit d'exercer, mais les milliers de propriétaires de chien, les centaines et les centaines de vies de chien croisé, la formation continue, la volonté de ne jamais se laisser leurrer de croire à l'illusion que l'on est un être important... Bref, le temps.

 

Charte de Munich (6)


Même si le rédacteur du site www.3piliers.com n'est pas journaliste en temps que tel, rien ne l'empêche d'appliquer les principes de la Charte de Munich.


Les dix devoirs de la charte

Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.
Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.
Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents.
Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.
S’obliger à respecter la vie privée des personnes.
Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.
Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement.
S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.
Refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.

Les cinq droits de la charte

Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d'enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste que par exception en vertu de motifs clairement exprimés.
Le journaliste a le droit de refuser toute subordination qui serait contraire à la ligne générale de son entreprise, telle qu'elle est déterminée par écrit dans son contrat d'engagement, de même que toute subordination qui ne serait pas clairement impliquée par cette ligne générale.
Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou sa conscience.
L'équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journaliste.
En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant sa sécurité matérielle et morale ainsi qu’une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique.

 

Sources


(2) Eric Boutin, 2006. Biais cognitifs et recherche d'information sur internet. Quelles perspectives pour les indicateurs de pertinence des moteurs de recherche.
Betsy Sparrow, Jenny Liu, Daniel M. Wegner en Juillet 2011. Google effects on memory: cognitive consequences of having information at our fingertips.

(3) https://www.blogdumoderateur.com/chiffres-Internet/
(4) http://www.facco.fr/-population-animale-
(5) http://www.promojardin.com/wp-content/uploads/2017/03/PromAnimal-synthese20171.pdf

(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_Munich

(7) L' économie de la connaissance par Idriss ABERKANE
https://www.youtube.com/watch?v=dM_JivN3HvI
 

Mise à jour le 22/08/2018

Mise à jour le 28/02/2018

Édité le 25/07/2017


L'orientation du chien
Survaccination des chiens : un scandale sanitaire
Quel avenir pour le chien ?


Thèmes

ducateur canin la rochelle