Des chiens pour renifler les maladies nosocomiales

 Chien de détection d'infection nosocomiale
Photo: Jean-Pierre Jans

Un chien renifleur de maladies nosocomiales à l'hôpital en France ? Non bien sur, un chien à l’hôpital pour flairer l’infection nosocomiale Clostridium difficile en France n'est pas prêt d'arriver. Le Dr Marije Bomers, spécialiste des maladies infectieuses au Centre médical de l’Université libre d’Amsterdam et son équipe ont décidé d'expérimenter la détection d'un agent infectieux nosocomiale qui est présente en milieu hospitalier. Le Clostridium difficile (C. difficile) est une bactérie qui provoque une diarrhée d'intensité légère à grave (cette maladie nosocomiale est potentiellement mortelle) ainsi que des maladies intestinales, comme la colite pseudo‑membraneuse (ou inflammation du côlon).

La détection précoce est essentielle pour prévenir la transmission, mais les tests de diagnostic peuvent être coûteux et lents, ce qui peut retarder le traitement jusqu'à une semaine.

L'infection au C. difficile survient le plus souvent chez les personnes âgées qui ont récemment eu une cure d'antibiotiques à l'hôpital, mais il peut aussi commencer dans en communauté, en particulier dans les foyers de soins. Les symptômes peuvent aller de la diarrhée légère à une inflammation mortelle de l'intestin. Les selles dues au C. difficile à une odeur spécifique pour l'homme. C'est sur ce postulat que le Dr Bomers a été inciter à essayer de déterminer si un chien pouvait être formé à la détection du C. difficile.

Le chien utilisé pour l'étude a été un Beagle de deux ans sans aucune expérience préalable dans la détection. Il a été former à détecter dans les selles et sur les patients atteints d'infection au C. difficile. Il a appris à indiquer la présence de l'odeur spécifique en position assise ou couchée. Après deux mois de formation, les capacités de détection du chien ont été officiellement testé sur des échantillons de selles négatives et positives du C. difficile. Il a correctement identifié tous les 50 échantillons positifs et 47 sur un total de 50 échantillons négatifs.

Chien à l’hôpital : la solution contre les infections nosocomiales

Cela équivaut à une sensibilité de 100% et une spécificité de 94%. La sensibilité mesure la proportion de résultats positifs identifiés correctement, tandis que la spécificité mesure la proportion de résultats négatifs correctement identifiés.

Le chien a ensuite été emmené dans deux salles d'hôpital afin de tester ses capacités de détection chez les patients. Il a correctement identifié 25 des 30 cas (sensibilité 83%) et 265 des 270 contrôles négatifs (spécificité 98%) effectuer sur des échantillons.

Comme tout chien de détection le chien se révèle être rapide et efficace. De l'inspection des lits et de la surface d'une salle d'hôpital complète avec la présence de patients atteints d'infection à C. difficile le laps de temps est de moins de 10 minutes.

Le Dr Bomers et son équipe identifient certaines limites de l'étude:
l'imprévisibilité de l'aide d'un animal comme un outil de diagnostic. Réflexion qui est sûrement due au manque d'expérience quant à la fiabilité d'un chien de détection et dans le choix de la race pour effectuer ce type de détection.

Cependant, ils affirment que leur étude démontre que le chien de détection peut être formés à identifier une infection du type C. difficile avec un haut degré de précision, à la fois dans les échantillons de selles et chez les patients hospitalisés. "Cela pourrait avoir un grand potentiel pour le dépistage infection à C. difficile dans les établissements de santé et contribuer ainsi à lutter contre les épidémies et la prévention des infections» (Fitzgerald).

Source: Dailymail
Mise à jour du 26/04/2017 : L'hôpital de Vancouver au Canada va accueillir prochainement un Springer Spaniel Cocker, chien de détection de la bactérie Clostridium difficile.



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