La reconnaissance de soi chez le chien

Le chien a conscience de lui olfactivement

Sous son air coupable est ce que le chien trahit la mauvaise conscience ? Pour pouvoir réaliser ce processus cognitif il faudrait déjà savoir si le chien a conscience de lui même. Olfactivement, il est maintenant possible de l'affirmer. Une nouvelle recherche menée par le Dr Alexandra Horowitz dans Département de Psychologie du Barnard Collège aux États-Unis, a utilisé un test de détection pour évaluer la capacité des chiens à se reconnaître.

 

Elle a emprunté l'approche éthologique pionnière, appelée «Test d'auto-reconnaissance olfactive» (STSR) proposée par le prof. Cazzolla Gatti en 2016 pour éclairer les différentes façons de vérifier la reconnaissance de soi chez le chien. Le Dr Horowitz précise que : «bien que les chiens domestiques, Canis familiaris, se soient révélés habiles dans les tâches cognitives sociales et même dans certaines tâches métacognitives, ils n'ont pas passé le test du miroir reconnaissance (MSR). " comme d'autres animaux.


Cette étude a confirmé les preuves précédentes proposées par le dr. Cazzolla Gatti avec le STSR montrant que « les chiens distinguent l'image olfactive d'eux-mêmes lorsqu'elle est modifiée: ils étudient leurs propres odeurs plus longtemps quand elle y a une odeur supplémentaire qui l'accompagne. Un tel comportement implique une reconnaissance de l'odeur comme étant la leur ou d'eux-mêmes. "

Les chiens ont-ils conscience de leur propre existence ?

Le professeur Cazzolla Gatti a d'abord suggéré l'hypothèse de la connaissance de soi chez les chiens dans un article de pionnier de 2016 intitulé "la conscience de soi: au-delà du miroir et des chiens qui s'y trouvent". "Je crois que les chiens et autres animaux, a déclaré le professeur Cazzolla Gatti l'année dernière dans une interview pour le Daily Mail, étant beaucoup moins sensible aux stimuli visuels par rapport à ce que sont par exemple les humains et beaucoup de singes, ne peuvent passer le test du miroir d'auto reconnaissance à cause de la modalité sensorielle choisie par l'instigateur et n'est pas réalisables dus à l'absence de cette capacité cognitive existant chez certaines espèces animales.

L'idée du professeur Cazzolla Gatti, récemment confirmée par le Dr Horowitz sur un plus grand échantillon de chiens, montre que «le test de reconnaissance olfactive de soi (STSR), même appliqué à de multiples individus vivant en groupes et avec différents âges et sexes, fournit des preuves significatives de la conscience de soi chez les chiens, et peut jouer un rôle crucial en montrant que cette capacité n'est pas spécifique aux seuls grands singes, humains et quelques autres animaux"

L'approche novatrice pour tester la conscience de soi a mit en évidence la nécessité de déplacer le paradigme de l'idée anthropocentrique de la conscience vers une perspective spécifique à l'espèce. Comme le biologiste italien de l'Université d'État de Tomsk l'avait anticipé l'année dernière: «Nous ne nous attendions jamais à ce qu'une taupe ou une chauve-souris se reconnaisse dans un miroir, mais nous avons maintenant de fortes preuves empiriques testées qu'avec une base de perception chimique ou auditive nous pourrions obtenir des résultats vraiment inattendus. "
 

Source


Alexandra Horowitz. Smelling themselves: Dogs investigate their own odours longer when modified in an “olfactory mirror” test. National Research Tomsk State University. 5 September 2017
www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0376635717300104?via%3Dihub

09/01/2017



Thèmes