Une promenade embrumée


Tôt le matin avec mon chien, dans la fraîcheur de l'hiver avant que le soleil ne se lève sur les Marais du Roy, le brouillard enveloppe cette nature qui à le don de me plonger dans des contemplations si profondes que je crois que sans mon chien, je pourrais ne jamais revenir parmi les hommes.

A notre arrivée, la lumière est trop légère pour réveiller le canal et seul le tumulte de nos pas se fait entendre. J'évite les feuilles mortes qui résonnent dans le silence de cette nuit pas tout à fait finie. Dans un chuchotement je rappelle mon chien pour arranger son harnais, la fermeture s'entrechoque avec la boucle et produit un petit cliquètement à chacun de ses pas. Je masque nos bruits comme dans une maison au petit matin, quand on cherche à étouffer les sons des objets quotidiens pour ne pas réveiller brusquement toute la maisonnée et laisser à chacun le temps de doucement sortir de ses songes.

 Sur le passage de mon chien, quelques bruissements d'ailes, un ou deux petits cris, les animaux s'étirent sortant de leur sommeil. Nous nous enfonçons dans l'épaisseur du brouillard vers la nature plus sauvage . Le canal est encore alangui et je glisse avec lui sous son épaisse couette de brume. Moi aussi je veux traîner encore un peu dans son lit. Comme c'est étrange, je pourrais flirter avec les anges.

Puis retentit le vacarme des fusils ! Avec les anges, peut-être, mais avec les hommes sûrement pas. Des assassins se font de plus en plus pressants et pétrifient mes entrailles à chaque pas que je veux faire. Mon chien non plus ne veut plus aller par là. Trop fragiles pour lutter, nous rebroussons chemin renonçant à notre divagation.

L'homme à tous les droits.

Quand nous retournons sur nos pas, notre chemin s'est recouché, il a tirer les draps blancs sur lui, il veut dormir encore un peu. Les rayons du  soleil ne sont pas assez vifs pour l'animer. Lui non plus ne veut pas se lever. De l'autre côté du canal, avec sa palette des couleurs de l'aube, il dessine les arbres en ombres chinoises animées par quelques oiseaux en pointillés. Je m'installe sur une grosse pierre le cœur vers  ses lumières, et prends le temps d'écrire quelques lignes. Je veux avec mes mots dresser la carte  de ce matin pour que, la prochaine fois que je serai perdue au milieu des hommes, je puisse retrouver mon chemin.

J'attends que le soleil se réveille un peu pour  lui souhaiter une bonne journée mais mon chien ne veux plus courir les fossés, elle veut rentrer et vient me chercher. Elle est trempée jusqu'à la tête alors je me dépêche de retrouver ma maison pour aller  la choyer, geste d'amour mêlé de gratitude de m’entraîner sur ces sentiers.

09/12/2016


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