Sur la piste du chevreuil


Nous marchions tels deux aventuriers dans nos marais où de très hautes herbes sauvages montaient jusqu'au dessus de ma taille, rendant notre progression lente et ne laissant à mon ami aucun moyen de voir l'horizon. Il me devançait et avait dû passer tout prés de l'endroit ensoleillé où il devait être endormi, car c'est sous mes pas que ce chevreuil surgit. Si j'avais légèrement dévié  de mon chemin, nous  l'aurions manqué, trop bien camouflé par la végétation.

Heureuse de faire partager cette opportunité à mon chien, j’attirais son attention, lui qui n'avait rien vu, empêché par le haut rideau d'herbes. Ceux qui ont eu la chance d'observer d'aussi près les bonds que font ces superbes animaux, savent qu'ils paraissent voler, effleurant les prairies. Quand ils posent leurs sabots à terre pour une nouvelle impulsion, leurs pattes sont si fines qu'elles ne touchent que très de peu de surface. La trace odorante  restreinte se situe en partie dans les herbes puis doit être plus aérienne entre deux sauts et donc plus difficile à tracer. Pour qu'un chien piste l'odeur du chevreuil sans avoir vu quel chemin il a emprunté, il lui faut être malin.

La gracieuse bête ayant fuit droit devant  vers les bosquets en quatre  bonds étirés, je  pensais que mon chien ne pourrait pas en retrouver la trace. Et pourtant. Sa première réaction me parut de mauvaise augure puisque je le vis couper le chemin qu'il aurait dû suivre et s'éloigner vers la gauche. A peine commençais -je à y renoncer, qu' il fit  demi-tour  vers sa droite retrouvant ainsi la piste mais la dépassant de peu de mètres vers la droite cette fois.  L'instant d'après, suivant le même dessin, il virait à gauche   resserrant ainsi la piste. Et à cet instant, comme si dans sa tête il avait retracé par trois points l'exacte trajectoire du fuyard, tout son corps se tendit pour s'élancer  sur    le juste passage de l'animal.

Nul doute que celui-ci était loin mais j'entendis mon chien aboyer  de la façon qu'il a quand  le gibier est en visuel. Il l'avait retrouvé. J’écoutais, silencieuse. Dans ces circonstances, je ne fais aucun rappel le laissant aller à ses instincts. Bref moment pour lui, mélange du besoin de poursuivre sa proie qui s'efface après quelques minutes, remplacé par celui de me retrouver. Il revint en courant, hors d'haleine, par le même chemin et de notre chevreuil je ne revis pas les cornes. De ces rares parties de chasse je suis comblée de toujours revenir bredouille, le cœur plein de reconnaissance de ce cadeau que la nature me fait. Car enfin, ne serait-il pas orgueilleux de ma part ne pas faire preuve d'humilité face à cette nature qui n'a que faire de mes exigences ? Plaisir indescriptible d’être un instant le public privilégié de ces subtils  spectacles, de ne pas avoir à intervenir, de n'être qu'un observateur sans rien à contrôler.

14/11/2016


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