Manger du chien !!!?


Un tel changement de perception peut ressembler à ce que l’on éprouve en changeant de voie sur une route : le fait de traverser la ligne blanche altère radicalement notre ressenti. La raison pour laquelle nous pouvons avoir une réponse émotionnelle si forte à un changement de perception est que nos perceptions déterminent, en grande partie, notre réalité ; notre façon de percevoir une situation – la signification que lui donnons – détermine la manière dont nous la ressentons. Nos sentiments et pensées déterminent souvent à leur tour notre façon d’agir. La plupart des Américains perçoivent très différemment la viande de chien et de bœuf ; par conséquent, la viande de chien suscite des réponses mentales, émotionnelles et comportementales très différentes.


Une des raisons pour lesquelles nos perceptions des viandes de bœuf et de chien diffèrent tant est que nous voyons très différemment les vaches et les chiens. Le contact le plus fréquent – et souvent le seul – que nous ayons avec les vaches est lorsque nous les mangeons ou portons leur peau. Mais pour beaucoup d’Américains, notre contact avec les chiens n’est pas si différent des relations que nous avons avec les gens. Nous les appelons par leur nom. Nous leur disons au revoir quand nous quittons la maison et les saluons à notre retour. Nous partageons notre lit avec eux. Nous jouons avec eux. Nous leur achetons des cadeaux. Nous avons leur photo dans notre portefeuille. Nous les conduisons chez le docteur quand ils sont malades et pouvons dépenser des milliers de dollars pour les soigner. Quand ils meurent, nous les enterrons. Ils nous font rire ; ils nous font pleurer. Ils sont nos auxiliaires, nos amis, notre famille. Nous les aimons. Nous aimons les chiens et mangeons les vaches, non parce que les chiens et les vaches sont foncièrement différents – les vaches, comme les chiens, ont des sentiments, des préférences, ils sont doués de conscience – mais parce que la perception que nous avons d’eux est différente. Et par conséquent, notre perception de leur viande l’est aussi.

 Nous seulement nos perceptions de la viande varient selon l’espèce d’animal dont elle provient, mais des humains différents peuvent percevoir différemment la même viande. Par exemple, un Hindou peut réagir à la viande de bœuf comme un chrétien américain le ferait à la viande de chien. Ces variations dans notre perception sont dues à notre schéma. Un schéma est un cadre psychologique qui modèle – et est modelé par – nos croyances, idées, perceptions et expériences, et qui organise et interprète automatiquement l’information que nous recevons. Par exemple, quand vous entendez le mot « infirmière », vous visualisez probablement une femme qui porte un uniforme médical et qui travaille dans un hôpital. Même si certaines infirmières sont des infirmiers, ou travaillent hors des hôpitaux, à moins que vous soyez en contact avec des infirmières dans une variété de contextes, votre schéma va maintenir cette image générale. Les généralisations viennent de ce que les schémas font ce qu’ils sont supposés faire : ils trient et interprètent la masse de stimuli auxquels nous sommes constamment exposés, puis les distribuent en catégories générales. Les schémas opèrent comme des systèmes de classification mentale.  berger australien B.    allemand

Nous avons des schémas pour tous les sujets, y compris les animaux. Un animal peut être classé, par exemple, en proie, prédateur, vermine, compagnon, ou nourriture. Notre façon de classer les animaux détermine à son tour nos relations avec eux : si nous les chassons, les fuyons, les exterminons, les aimons ou les mangeons. Des intersections peuvent exister entre les catégories (un animal peut être proie et nourriture), mais quand on en vient à la question de la viande, la plupart des animaux sont ou ne sont pas de la nourriture. En d’autres termes, nous avons un schéma qui classe les animaux en comestibles et non comestibles4.
Un phénomène intéressant se produit quand nous sommes confrontés à la viande d’un animal que nous avons classé en « non comestible » ; nous nous représentons automatiquement l’animal vivant dont elle vient, et nous tendons à être dégoûté à l’idée de le manger. Le processus perceptif suit la séquence suivante :
Viande de golden retriever (stimulus) → animal non comestible (croyance/perception) → image de chien vivant (pensée) → dégoût (sentiment) → refus ou répugnance à manger (action)
Revenons au dîner imaginaire où l’on vous dit que vous venez de manger du golden retriever. Si cela était réellement arrivé, vous auriez senti les mêmes odeurs et les mêmes saveurs que quelques instants auparavant. Mais maintenant, votre esprit aurait probablement formé l’image d’un golden retriever, peut-être bondissant à travers un jardin à la poursuite d’une balle, ou allongé près du feu, ou encore courant aux côté d’un joggeur. Et avec ces images viendraient probablement des émotions telle que l’empathie ou le souci du chien qui a été tué, d’où le dégoût à la pensée de manger cet animal.

 Par contre, si vous êtes comme la plupart des gens, quand vous vous attablez pour manger du bœuf, vous ne visualisez pas l’animal dont provient la viande. Au lieu de cela, vous voyez simplement de la « nourriture » et votre attention se concentre sur le goût, l’odeur et la texture. Confrontés à du bœuf, nous sautons généralement la partie du processus perceptif qui établit la connexion entre la viande et l’animal vivant. Certes, nous savons tous que la viande de bœuf provient d’un animal. Mais quand nous en mangeons, nous évitons d’y penser. Des milliers de personnes (au sens littéral) avec qui je me suis entretenue dans ma vie professionnelle ou privée, ont admis que si elles pensaient à une vache vivante en mangeant du bœuf, elle se sentiraient mal à l’aise et parfois même incapables de manger.

chien golden charente maritime


C’est pourquoi beaucoup de gens évitent de manger de la viande qui ressemble à l’animal dont elle provient ; on sert rarement de la viande avec la tête ou d’autres parties du corps intactes. Par exemple, une étude intéressante effectuée par des chercheurs danois a montré que des gens étaient mal à l’aise de manger de la viande qui ressemble à sa source animale et qu’ils préféraient la viande hachée à la viande en morceaux entiers5. Même quand nous faisons consciemment le lien entre la viande de bœuf [beef] et les vaches, nous sommes moins perturbés par le fait de manger du bœuf que nous le serions en mangeant du golden retriever, car dans la culture américaine ordinaire, les chiens ne sont pas sensés être mangés.  
Il apparaît que ce que nous éprouvons à propos d’un animal et la façon de le traiter dépend beaucoup moins du genre d’animal qu’il est que de la perception que nous en avons. Nous pensons qu’il est approprié de manger des vaches mais pas des chiens, nous percevons donc les vaches comme comestibles et les chiens comme non comestibles. Et ce processus est cyclique ; non seulement nos croyances mènent finalement à nos actions, mais nos actions renforcent aussi nos croyances. Plus nous mangeons de vaches et évitons de manger des chiens, plus nous renforçons la croyance que les chiens ne sont pas comestibles tandis que les vaches le sont.

Source:Les cahiers anti-spéciste.


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